Mgr Eychenne, évêque de Grenoble, s'inscrit dans une herméneutique liturgique de rupture avec le …
Mgr Jean-Marc Eychenne Évêque de Grenoble-Vienne :
"Depuis le 1er juillet, date à laquelle la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) a choisi la séparation – de fait – de la communion avec le pape, des voix s’expriment pour demander que la célébration de la messe selon le Vetus ordo, c’est-à-dire selon le missel précédant la réforme liturgique du concile Vatican II, puisse être beaucoup plus largement et librement répandue. Cela permettrait, dit-on, à certains fidèles résolument attachés à cette façon de célébrer, de rester en communion avec l’Église catholique romaine.
En réalité, cette libéralisation, validant le refus d’accepter une décision majeure de l’Église, aurait des conséquences négatives. Cette réforme liturgique a été longuement préparée des années avant le Concile lui- même et elle est étayée par les études les plus sérieuses des rituels des siècles passés, tant occidentaux qu’orientaux. Plutôt que d’en relativiser l’importance, ou même parfois de la présenter comme …Plus
Traduction d’un article de Nico Spuntoni paru sur il Giornale le 27 août 2026 sous le titre : « Il cardinale Sarah: “Ma la messa antica per i sacerdoti è quella che aiuta a celebrare meglio” »
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Le cardinal Robert Sarah déclare : « Parmi les effets de la libéralisation de la forme extraordinaire, il y a eu l'influence positive, voire la correction d'abus potentiels, sur la célébration de la forme ordinaire. »
La dénonciation des abus liturgiques excessifs est un thème central du cardinal Robert Sarah, ancien préfet du Dicastère pour le Culte Divin. Il a de nouveau abordé cette question dans son dernier ouvrage, Le Cantique de l'Agneau : Musique sacrée et liturgie céleste, coécrit avec Peter Cater et publié aux éditions Cantagalli.
il Giornale : Votre Éminence, pensez-vous qu'il existe une aversion pour le chant latin et le chant grégorien dans certains milieux de l'Église ?
Cardinal Sarah : Il me semble que l'aversion de certains cercles culturels autoréférentiels est plus psychologique que véritablement fondée, et je pense qu'il s'agit uniquement d'une question d'âge : lorsque la génération de 1968 disparaîtra, disparaîtront également ces unilatéralismes infondés qui sapent le statut culturel même du catholicisme latin.
iG : Benoît XVI était convaincu que la forme extraordinaire (la messe en latin) pouvait influencer positivement les célébrations de la forme ordinaire qui manquaient de sacralité. Avait-il raison ?
CS : Parmi les effets de la libéralisation de la forme extraordinaire, on compte l'influence positive, voire la correction d'abus potentiels, sur la célébration de la forme ordinaire. Ces abus sont des actes extrêmement graves, mais nous ne saurions les assimiler à la forme ordinaire elle-même. De nombreux prêtres témoignent que la découverte de la forme extraordinaire les a aidés à mieux célébrer. Je crois que l'intention de Benoît XVI était aussi empreinte d'une profonde humilité et d'un esprit démocratique : assurer sa diffusion la plus large possible, permettre au peuple de Dieu, au fil des décennies, de choisir la forme qui correspondait le mieux à la mise en pratique de sa foi. Mais tout cela a été étouffé dans l'œuf par Traditionis Custodes, du vivant même du pape émérite.
iG : Quel est votre avis ?
CS : Cela ne me semblait ni sage ni respectueux. Mais Benoît XVI, homme d’une grande douceur, s’est laissé aller à l’humilité et, dans le silence et la prière, il a offert ses souffrances à Dieu pour mieux s’identifier à la douleur du Christ pour son Église et la purifier.
iG : Que pensez-vous de la demande d’abrogation des restrictions ?
CS : L’accès aux formes rituelles reconnues et existantes depuis des siècles ne saurait être artificiellement limité par des décrets. Si un rite ne sert pas la foi, il disparaîtra de lui-même ; si, au contraire, il la préserve et la promeut, ne le restreignons pas, car nous limiterions la préservation et la diffusion de la foi elle-même.
iG : Que diriez-vous aux nombreux fidèles attirés par l’ancienne liturgie, mais qui doivent parfois parcourir de longues distances pour assister à la messe ?
CS : Je ne peux qu'admirer cette magnifique expression d'amour pour Dieu. Ce phénomène se répand de plus en plus. Si la hiérarchie est véritablement capable de discerner les signes des temps actuels – et non ceux de 1968, qui sont trop anciens – alors des espaces de dialogue fraternel et serein pourront s'ouvrir. En tant qu'Église, nous ne pouvons pas faire la guerre à ceux qui assistent avec ferveur à la messe simplement parce qu'ils préfèrent une forme de célébration à une autre : c'est une attitude à courte vue et purement idéologique, donc contraire à l'esprit pastoral et non chrétien. Elle est nuisible et destructrice pour l'Église.
Roche ne croyait pas si bien dire en déclarant que la messe devait changer parce que la théologie avait changé. Je le remercie sincèrement d'avoir, pour une fois, dit la triste vérité. Du renouvellement non-sanglant du Sacrifice du Christ, le concile nous a fait passer au repas de mon ami Jésus qui m'invite à la fête.