De l’honneur dû à la Très Sainte Vierge Marie et du véritable sens de la fête de son Assomption
Il est nécessaire, lorsqu’on veut parler avec exactitude de la Très Sainte Vierge Marie et du mystère de son Assomption, de tenir fermement ensemble toutes les vérités que la Sainte Église catholique nous enseigne à son sujet, sans jamais en sacrifier une à une autre, car la doctrine catholique ne connaît point les oppositions artificielles que l’on établit parfois entre la gloire de Dieu et l’honneur rendu à ses créatures, et tout particulièrement entre la gloire du Seigneur et celle de la Bienheureuse Vierge Marie. La foi catholique enseigne, avec une parfaite clarté, qu’il n’y a qu’un seul Dieu, Créateur et Seigneur de toutes choses, que Dieu seul est adorable, que toute grâce procède de Lui par Jésus-Christ Notre-Seigneur, et que Marie, quelque sublime que soit sa dignité, demeure une pure créature, entièrement dépendante de Dieu dans son être naturel comme dans son existence surnaturelle. Mais cette vérité, qui doit être professée avec la plus grande fermeté, ne saurait en aucune manière conduire à diminuer les privilèges incomparables dont Dieu a voulu enrichir la Très Sainte Vierge, ni à considérer comme suspect ou excessif l’honneur que la Sainte Église lui rend.Marie est véritablement une créature, mais elle est la plus excellente de toutes les créatures humaines, parce que Dieu l’a élevée à une dignité à laquelle aucune autre créature n’a été appelée. Elle est la fille d’Adam, et cependant elle a été préservée de la faute d’Adam ; elle est la servante du Seigneur, et cependant elle a été choisie pour devenir la Mère de son propre Fils ; elle est une créature entièrement dépendante de Dieu, et cependant Dieu a voulu faire d’elle l’instrument humain par lequel le Verbe éternel prendrait notre chair et entrerait dans le monde. Sa grandeur ne vient donc point d’elle-même, comme si elle possédait une perfection autonome ou une puissance indépendante de Dieu ; elle vient tout entière de Dieu, et c’est précisément cette dépendance absolue à l’égard de Dieu qui constitue l’une des beautés les plus profondes de sa sainteté.
La Très Sainte Vierge peut ainsi dire avec une vérité parfaite : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur », car elle sait que tout ce qu’elle possède lui vient de Celui qu’elle adore. Elle peut également ajouter : « Parce que celui qui est puissant a fait en moi de grandes choses », montrant ainsi que la reconnaissance de ses propres privilèges n’est nullement contraire à l’humilité, pourvu que ces privilèges soient rapportés à leur véritable source. Elle ne s’attribue rien qui appartienne à Dieu ; elle ne revendique aucune gloire indépendante ; elle reconnaît au contraire que toute sa grandeur est l’œuvre de la grâce divine. Mais elle ne nie pas davantage les merveilles que Dieu a accomplies en elle, puisque c’est précisément sous l’inspiration du Saint-Esprit qu’elle prophétise que « toutes les générations » la proclameront bienheureuse.
Il faut donc comprendre que la grâce ne détruit point la nature et qu’elle ne supprime point la liberté de la créature, mais qu’elle la perfectionne et la rend capable d’accomplir avec une plus grande plénitude le bien auquel Dieu l’appelle. La Très Sainte Vierge n’a pas été une créature passive entre les mains de Dieu, privée de toute véritable activité et de tout véritable mérite ; elle a été, au contraire, une créature parfaitement libre, parfaitement docile à la grâce, et dont la volonté a coopéré d’une manière admirable aux desseins de la Providence. Lorsque l’Ange Gabriel lui annonce qu’elle deviendra la Mère du Sauveur, elle répond librement : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon votre parole. » Ce consentement est véritable, et Dieu a voulu qu’il le fût. Le salut vient de Dieu, le Verbe est Dieu, la grâce est divine, mais la réponse de Marie est véritablement la réponse d’une créature libre, rendue capable par la grâce de consentir parfaitement à la volonté de son Créateur.
C’est pourquoi il ne faut jamais opposer l’action de la grâce à la coopération de Marie, comme si l’une devait nécessairement exclure l’autre. Dieu est la cause première de tout bien, et la créature, lorsqu’elle agit sous l’influence de la grâce, demeure une cause véritable et libre dans l’ordre qui lui appartient. Tout ce que Marie accomplit de saint et de méritoire procède de la grâce, mais cela ne signifie point qu’elle n’accomplisse rien elle-même. Elle croit véritablement, elle consent véritablement, elle aime véritablement, elle obéit véritablement, elle souffre véritablement au pied de la Croix, et c’est précisément parce que ces actes sont réellement les siens qu’ils peuvent être dits méritoires, tout en demeurant entièrement dépendants de la grâce de Dieu.
Cette doctrine apparaît d’une manière éclatante dans le privilège de l’Immaculée Conception. La Très Sainte Vierge n’a pas été conçue dans le péché originel comme les autres descendants d’Adam ; elle en a été préservée par une grâce et un privilège singulier de Dieu tout-puissant, en considération des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain. Ainsi l’Immaculée Conception n’est pas le fruit d’une perfection naturelle que Marie aurait possédée indépendamment de Dieu ; elle est un don absolument gratuit de la grâce. Mais loin de diminuer la grandeur de Marie, cette grâce manifeste précisément la puissance et la magnificence de Dieu, qui a voulu préparer pour l’Incarnation de son Verbe une demeure parfaitement pure.
Il faut également considérer que la dignité de Marie est inséparable de la dignité de son divin Fils. Elle est Mère de Dieu non point parce qu’elle aurait donné au Verbe sa divinité, ce qui serait une absurdité, mais parce que Celui qu’elle a conçu et enfanté selon son humanité est véritablement le Fils éternel de Dieu, vrai Dieu et vrai homme. Le titre de Mère de Dieu, que l’Église confesse depuis les premiers siècles, ne constitue donc point une exaltation excessive de Marie ; il constitue au contraire une profession solennelle de la vérité concernant Jésus-Christ. Honorer la Mère de Dieu, c’est reconnaître la vérité de l’Incarnation de son Fils.
Toute la vie de Marie se trouve ainsi ordonnée vers Jésus-Christ. Elle Le porte dans son sein, elle Le met au monde, elle L’adore, elle Le nourrit, elle Le suit dans les mystères de sa vie cachée, elle L’accompagne jusqu’au Calvaire et demeure debout au pied de sa Croix. Son union au sacrifice de son Fils n’est évidemment point celle d’un second rédempteur indépendant du Christ, car il n’existe qu’un seul Rédempteur, Jésus-Christ Notre-Seigneur ; mais Dieu a voulu que sa Très Sainte Mère fût associée d’une manière unique à l’œuvre de la Rédemption. Toute la grandeur de Marie est donc une grandeur reçue, une grandeur ordonnée au Christ, une grandeur qui ne possède aucun sens en dehors de Lui.
C’est précisément pour cette raison qu’il serait faux de considérer l’honneur rendu à Marie comme une concurrence faite à l’adoration due à Dieu seul. La Sainte Église distingue avec une parfaite précision le culte d’adoration, appelé latrie, qui appartient exclusivement à Dieu, du culte de vénération rendu aux saints, appelé dulie, et du culte tout particulier d’hyperdulie rendu à la Très Sainte Vierge en raison de son incomparable dignité de Mère de Dieu. Marie n’est pas adorée ; elle est vénérée. Dieu seul est adoré comme Créateur, comme souverain Seigneur et comme fin dernière de toutes choses. La Sainte Vierge, quant à elle, reçoit l’honneur qui convient à la Mère de Dieu et à la Reine de tous les Saints.
Cette distinction est capitale, car l’idolâtrie consiste à attribuer à une créature ce qui appartient proprement à Dieu, tandis que la vénération catholique consiste précisément à rendre à chaque personne l’honneur qui lui est dû selon sa dignité. Lorsque l’Église honore les Saints, elle ne leur attribue pas la divinité ; lorsqu’elle honore la Très Sainte Vierge, elle ne lui attribue pas davantage la divinité. Elle reconnaît simplement les œuvres de Dieu dans ses créatures et rend honneur à ceux que Dieu Lui-même a voulu honorer.
C’est pourquoi les statues, les images, les processions, les fleurs, les chants et les autres manifestations extérieures de la piété mariale ne sont point, par leur nature même, des actes d’idolâtrie. Une statue de la Sainte Vierge n’est évidemment pas la Sainte Vierge elle-même ; elle est une représentation de sa personne. L’honneur rendu à l’image se rapporte à la personne représentée, et non à la matière dont l’image est composée. Le catholique qui s’agenouille devant une image de la Sainte Vierge ne considère pas le bois ou la pierre comme une divinité ; il manifeste extérieurement, par une posture corporelle, la vénération qu’il porte à la personne représentée. De même, lorsqu’une statue de la Sainte Vierge est portée en procession, ce n’est pas une divinité féminine que l’on promène au milieu du peuple chrétien, mais la représentation de celle que l’Église proclame bienheureuse entre toutes les femmes et Mère du Sauveur.
Il faut certes condamner toute superstition, toute conception magique des objets sacrés et toute pratique qui attribuerait à une créature une puissance proprement divine ; mais la possibilité d’un abus ne saurait condamner l’usage légitime. Ce n’est point parce qu’un acte de religion pourrait être mal compris par une personne ignorante qu’il devient en lui-même idolâtrique. Il faut juger les actes selon leur véritable nature et selon l’intention qu’ils expriment dans la doctrine de l’Église.
La procession mariale, lorsqu’elle est accomplie selon la foi catholique, est ainsi un acte public de religion et de vénération. Les fidèles manifestent extérieurement l’honneur qu’ils rendent à la Mère de Dieu, et cette manifestation demeure ordonnée à Dieu, puisque tout honneur véritablement catholique rendu à Marie reconnaît en elle l’œuvre de la grâce divine. Le chrétien peut donc honorer Marie sans jamais confondre cet honneur avec l’adoration qui n’appartient qu’à Dieu.
Cette vérité apparaît d’une manière particulièrement éclatante dans le mystère de l’Assomption. La Très Sainte Vierge n’est pas montée au ciel par sa propre puissance divine, comme Notre-Seigneur Jésus-Christ est monté au ciel par sa puissance propre en vertu de sa divinité. Marie a été élevée au ciel par la puissance de Dieu ; c’est précisément ce que signifie le terme d’Assomption. Elle a achevé le cours de sa vie terrestre et, par un privilège singulier, elle a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste.
Mais de ce que cette glorification est entièrement l’œuvre de Dieu, il ne s’ensuit nullement que la fête de l’Assomption ne soit pas véritablement une fête de la Sainte Vierge. Elle est la fête du privilège que Dieu lui a accordé ; elle est la fête de sa glorification ; elle est la fête de son entrée dans la gloire céleste en corps et en âme. Elle est donc à la fois une fête de Dieu, qui accomplit cette œuvre admirable, et une fête de Marie, qui en reçoit le bénéfice glorieux.
Il n’existe ici aucune contradiction. La glorification de Marie glorifie Dieu parce que Dieu en est l’auteur, mais elle n’en demeure pas moins réellement la glorification de Marie, parce que c’est elle qui reçoit ce privilège. De même que lorsque Dieu couronne les mérites de ses Saints, Il couronne ses propres dons sans que les Saints cessent pour autant d’être véritablement glorifiés, de même, dans l’Assomption, Dieu manifeste sa puissance en glorifiant celle qu’Il avait choisie et préparée d’une manière si éminente.
La Sainte Église exprime admirablement cette vérité dans la liturgie traditionnelle de la fête : « Assumpta est Maria in caelum : gaudent Angeli, laudantes benedicunt Dominum. » Marie a été élevée au ciel ; les Anges se réjouissent et, en louant, ils bénissent le Seigneur. Tout le mystère se trouve résumé dans cette antienne : Marie est glorifiée, les Anges se réjouissent, et Dieu est loué. La gloire de la créature n’ôte donc rien à la gloire du Créateur ; elle en est le fruit et le témoignage.
La définition solennelle du dogme de l’Assomption par le pape Pie XII, dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus du 1er novembre 1950, confirme cette doctrine avec une grande précision : « l’Immaculée Mère de Dieu, la toujours Vierge Marie, ayant achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste ». Ce privilège apparaît ainsi comme le couronnement de l’ensemble des grâces singulières accordées à la Mère de Dieu.
L’Assomption est donc également la manifestation éclatante de la victoire du Christ sur le péché et sur la mort. En Marie, la grâce du Christ atteint un accomplissement incomparable. Elle est celle qui, par un privilège singulier, a été préservée du péché originel ; elle est celle qui a vécu dans une fidélité parfaite à la grâce ; elle est celle qui a été associée d’une manière unique aux souffrances de son divin Fils ; elle est enfin celle qui reçoit, dès maintenant, dans son corps et dans son âme, la gloire à laquelle l’Église tout entière aspire.
L’Assomption n’est donc pas seulement un privilège qui concerne Marie ; elle contient également une promesse pour les membres du Corps mystique de Jésus-Christ. Nous attendons nous aussi la résurrection de nos corps et la vie éternelle. Marie est déjà entrée dans cette gloire que nous espérons recevoir à la fin des temps si nous demeurons fidèles à la grâce de Dieu. Elle est ainsi le modèle accompli de l’Église, et sa gloire annonce la gloire promise aux membres fidèles de son divin Fils.
Il faut donc rejeter toute conception de la dévotion mariale qui séparerait Marie de Jésus-Christ, mais il faut également rejeter toute conception qui, sous prétexte de préserver la gloire de Dieu, diminuerait l’honneur que Dieu Lui-même a voulu conférer à sa Très Sainte Mère. Marie ne doit jamais être mise à la place de Dieu, mais elle ne doit pas davantage être ramenée au rang d’une créature quelconque, comme si Dieu n’avait pas fait en elle des merveilles absolument uniques.
La véritable dévotion catholique tient les deux vérités ensemble. Elle adore Dieu seul et elle honore Marie. Elle reconnaît que toute grâce vient de Dieu et elle reconnaît que Marie est pleine de grâce. Elle confesse que le Christ est l’unique Rédempteur et elle confesse que Marie fut intimement associée à l’œuvre de son divin Fils. Elle reconnaît que Dieu seul est la source de toute sainteté et elle proclame que Marie est la plus sainte de toutes les créatures. Elle reconnaît que Dieu seul possède la gloire par nature et elle se réjouit de la gloire que Dieu a librement communiquée à sa Mère.
C’est pourquoi la véritable dévotion mariale peut être résumée dans cette formule traditionnelle : « À Jésus par Marie. » Marie n’est pas une fin indépendante ; elle est le chemin choisi par Dieu pour nous conduire à son Fils. Elle ne retient pas auprès d’elle les âmes qui lui sont confiées ; elle les présente à Jésus-Christ. Elle ne cherche pas sa propre gloire contre celle de son Fils ; elle chante elle-même les grandeurs du Seigneur. Plus une âme comprend véritablement Marie, plus elle comprend Jésus-Christ, parce que Marie n’a aucune grandeur qui ne soit ordonnée à Jésus-Christ.
Ainsi, le 15 août, le chrétien catholique ne célèbre ni une divinité féminine, ni une créature divinisée, ni une puissance indépendante de Dieu. Il célèbre la victoire de la grâce divine dans la créature la plus parfaitement préparée à recevoir cette grâce ; il célèbre la glorification de celle que Dieu a choisie pour être la Mère de son Fils ; il célèbre le triomphe de celle qui fut Immaculée, toujours Vierge et parfaitement fidèle ; il célèbre enfin le commencement glorieux de ce que Dieu promet à ceux qui Lui demeurent fidèles.
L’Assomption est donc véritablement une fête de Dieu, mais elle est aussi véritablement une fête de Marie, et il n’y a entre ces deux affirmations aucune contradiction. C’est Dieu qui glorifie Marie, mais c’est Marie qui est glorifiée ; c’est Dieu qui accomplit le miracle, mais c’est Marie qui en reçoit le privilège ; c’est Dieu qui doit être adoré, mais c’est Marie qui doit être honorée ; et précisément parce que Marie est honorée comme une créature parfaitement soumise à Dieu, l’honneur qui lui est rendu ne fait que manifester davantage la grandeur de Celui qui a fait en elle de si grandes choses.
La véritable attitude du catholique devant le mystère de l’Assomption est donc celle de l’Église elle-même : contempler Marie dans sa gloire, se réjouir de son triomphe, reconnaître les merveilles de la grâce divine en elle, et, avec elle, rapporter toute chose à Dieu.
« Mon âme glorifie le Seigneur. »
« Désormais toutes les générations me diront bienheureuse. »
Ces deux paroles ne s’opposent point ; elles expriment au contraire une seule et même vérité. Marie est bienheureuse parce que Dieu l’a comblée de ses dons, et Dieu est glorifié parce que sa grâce a produit en Marie son œuvre la plus parfaite.
Ainsi, honorer véritablement Marie, ce n’est pas diminuer Dieu ; c’est reconnaître ce que Dieu a voulu faire en elle. Aimer véritablement Marie, ce n’est pas délaisser Jésus-Christ ; c’est aller à Jésus-Christ par celle qu’Il a choisie pour être sa Mère. Célébrer véritablement l’Assomption, ce n’est pas transformer une créature en divinité ; c’est contempler avec émerveillement la puissance de Dieu qui élève jusqu’à la gloire celle qu’Il avait, par une grâce singulière, préservée du péché et destinée à devenir la Mère du Verbe incarné.
Et lorsque, le 15 août, la Sainte Église chante : « Assumpta est Maria in caelum », elle ne détourne point son regard de Dieu ; elle contemple précisément l’œuvre de Dieu accomplie dans sa servante, et elle poursuit aussitôt : « gaudent Angeli, laudantes benedicunt Dominum » : les Anges se réjouissent, et, en louant, ils bénissent le Seigneur.
C’est là toute la doctrine catholique dans son admirable équilibre : Marie est honorée comme la plus parfaite des créatures, Jésus-Christ est honoré comme le Fils de Dieu et l’unique Rédempteur, et Dieu seul reçoit l’adoration qui Lui est due.
Marie n’est pas Dieu : elle est sa créature très privilégiée.
Marie n’est pas le Sauveur : elle est la Mère du Sauveur.
Marie n’est pas la source de la grâce : elle en est la plus parfaite bénéficiaire.
Marie ne détourne pas de Jésus-Christ : elle conduit à Jésus-Christ.
Marie ne prend pas la gloire de Dieu : elle proclame que toute sa grandeur vient de Dieu.
Et c’est précisément pourquoi l’Église peut, sans aucune crainte de porter atteinte à l’honneur divin, proclamer Marie bienheureuse, l’honorer comme sa Reine et célébrer avec une joie surnaturelle le jour de son Assomption, car en honorant celle que Dieu a si admirablement glorifiée, elle ne fait en définitive que reconnaître et magnifier la puissance, la sagesse, la bonté et la miséricorde de Celui qui, seul, est la source de tout bien et la fin dernière de toute créature.