France Fidele

LE SECRET-DÉFENSE S’ARRÊTE AU JUGEMENT DERNIER

Il paraît que tout va bien.

Les avions passent, les traînées chimiques s’étalent, le ciel se voile, les canicules dévastatrices se multiplient ( 5 ou 6 cet été )et le citoyen est prié de regarder ailleurs. S’il pose une question, on lui explique aimablement qu’il n’a pas les compétences nécessaires.

C’est merveilleux, la science moderne : elle réclame notre confiance précisément lorsqu’elle estime ne pas devoir nous rendre de comptes.

Soyons néanmoins précis : ces opérations de dispersion atmosphérique sont réellement pratiquées avec des substances dangereuses pour les populations (aluminium baryum etc ..) alors la question change immédiatement de nature.

Elle n est pas météorologique. Elle est morale.

Car il existe encore un vieux texte que nos technocrates n’ont pas réussi à abroger :

« Tu ne tueras point. »

Cela signifie notamment qu’on ne joue pas avec la santé du prochain comme avec les éprouvettes d’un laboratoire. Même un paysan ne traite pas ses bêtes de cette façon.

Et surtout, détail fâcheux : les responsables respirent le même air que nous.

Le pilote rentre chez lui et embrasse ses enfants. L’ingénieur retrouve les siens. Le ministre aussi.

C’est assez cocasse : on pourrait imaginer des hommes capables de participer à la modification de l’atmosphère avant de rentrer à la maison demander à leur petit garçon : — Alors, mon chéri, tu as bien joué dehors aujourd’hui ?

Il faudrait avoir le sens de l’humour particulièrement développé.

On nous dira : « Mais j’obéissais ! » Excellent.

Depuis Adam, l’humanité possède une remarquable collection de responsables qui expliquent que le responsable était quelqu’un d’autre.

Le fonctionnaire obéissait. Le technicien ou le militaire exécutait. Le scientifique expérimentait. L’industriel facturait. Le ministre ignorait. Et finalement, chose admirable, personne n’a rien fait.

Malheureusement, devant Dieu, l’organigramme administratif risque d’être assez peu impressionnant.

Pas de cabinet ministériel. Pas de service juridique. Pas de clause de confidentialité. Pas de « secret-défense ».

Seulement la conscience devant son Juge.

Notre-Seigneur a posé la question il y a deux mille ans : « Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il vient à perdre son âme ? »
(Mt 16, 26)

On pourrait actualiser : "Que sert à l’homme de conserver son salaire, son avancement et sa retraite, s’il faut pour cela fermer les yeux sur un mal grave fait à son prochain ?

Évidemment, avant d’accuser quelqu’un, il faut des preuves. La justice chrétienne l’exige.

Mais si certains savent réellement qu’ils participent à des opérations dangereuses pour la population, qu’ils réfléchissent sérieusement.

Ils mettent peut-être en jeu la santé des autres.

Peut-être celle de leurs propres enfants.

Mais surtout, en cas de coopération consciente à une injustice grave, ils mettent en jeu quelque chose que ni leur employeur, ni leur gouvernement, ni leur laboratoire ne pourront leur rendre : leur âme.

On peut toujours brouiller le ciel.

Il sera beaucoup plus difficile de brouiller les comptes au Jugement dernier.

En attendant mon confessional est ouvert pour ceux qui ont pris conscience de leur crime et ne veulent pas aller en enfer

Abbé Matthieu Salenave
1579
Mathieu Charlotteaux

C’est vraiment bien expliqué, chacun est face à sa conscience, merci